Déclarations


DÉCLARATION 1


Écrire pour l'espace public est notre métier. Par cette première déclaration nous souhaitons affirmer ses particularités.

La notion d’écriture dans l’espace public dépasse dans la forme et le fond le seul support du texte ; nous, auteurs dans l’espace public, écrivons avec les sons, le mouvement, les images, les mots, l’architecture, l’air du temps, le silence, ou la verticalité, en tant que metteurs en scène, compositeurs, chorégraphes, plasticiens, scénographes, écrivains, urbanistes… ; cependant quels que soient nos arts, multiples et/ou croisés, il s’agit toujours d’écriture. Une écriture forcément et volontairement spécifique.

Un espace à embrasser.

 

Nous écrivons pour un espace spécifique : l’espace public, qui est d'abord l'espace du public, dans lequel l'artiste s'invite. Urbain ou rural, champêtre ou sylvestre, aquatique ou aérien… centres commerciaux, parkings, avenues, impasses, champs, places... L’espace public est un espace polymorphe où les places ne sont pas attribuées.

Nous prenons en compte cet espace, et nous en servons comme support et source, comme émotion… nous intégrons ses contraintes, ses nuisances, ses richesses pour produire une écriture en mouvement.

Par un acte artistique, nous modifions l’espace public qui continue de vivre pendant le spectacle et peut par conséquent transformer l’écriture ou le rapport au spectacle.

Cette relation athlétique à l’espace public crée de nouveaux usages, de nouvelles lignes, et celui-ci en retour se densifie. Cette pratique peut le transformer en un espace propice à la contemplation, l'émotion ou la réflexion.

L’usager du lieu choisit ou non de devenir spectateur et peut se construire sa propre histoire par le croisement entre la fonction usuelle de cet espace et la vision que nous lui en proposons.

En ces instants, les artistes et les témoins de cette pratique peuvent habiter pleinement leur espace, vivre collectivement et autrement ce lieu.

Enfin, par notre pratique, nous posons la question de la liberté d’expression dans cet espace public.

Un public libre.

Notre travail d’écriture est singulier en ce que nous écrivons pour un public spécifique : un public libre d'aller et venir, de partir à tout moment ; un public n’ayant pas forcément choisi par avance ce qu'il va voir.

Nous prenons ainsi le risque de la découverte de notre œuvre par un public multiple, divers, de tout âge et de tout milieu, inattendu, surpris et non captif.

Nous devons tenir compte de ces voix et corps imprévisibles, ceux du public qui viennent rejoindre la grande partition et ceux de la rue qui n’ont pas eu envie de la rejoindre. Toutes ces voix, tous ces corps peuvent être amenés à faire partie du spectacle. Chacun est libre de prendre sa place.

Une écriture évolutive.

L’interaction permanente auteur/ espace public/ public, qui nous inspire, nous pousse aussi à une écriture qui ne peut être figée. Nous écrivons avant, pendant, après la création/répétitions, présentons des formes provisoires au public, remettons notre ouvrage sur le métier tout au long du processus de création et d’exploitation.

Une diversité de formes et d’auteurs.

L’écriture dans l’espace public engendre souvent la notion de co-auteur(s) puisqu’elle peut faire appel à des formes d'arts divers : théâtre forain, de tréteaux, textuel ou non textuel, déambulatoire, cirque, clown, mime, pyrotechnie, entresort, fanfare, installations plastiques, sonores, mécaniques (et la liste n’est pas exhaustive). La gestion collective de la propriété intellectuelle est une particularité de l’écriture dans l’espace public.

La question des traces.

Qui dit auteur et création pose la question de la mémoire voire de la publication de ces créations.
Qui dit auteur et création pose la question de transmettre ces créations pour qu’elles soient reprises par d’autres créateurs.

Nous pensons que ces particularités méritent de se confronter, se faire connaître et reconnaître.



DECLARATION 2 - Parcours de l'auteur