Les rencontres d'auteurs

Retour sur la
Rencontre d’auteur avec Michel Risse 

  du 17 novembre 2014

 

Les aphorismes de Michel

“Le contexte est plus important que le texte, l’espace public c’est l’œuvre. Le travail de l’auteur est de le choisir, de le montrer, de l’aimer.”
“L’artiste dans l’espace public montre ce que tout le monde voit sans en avoir conscience.”
Une citation de John Cage : “ Quand je veux écouter de la musique j’ouvre la fenêtre.”
“Je n'ai jamais écouté un son sans l'aimer. Le seul problème avec les sons, c'est la musique.” (et c'est encore John Cage !)
“Au moment où la musique est devenue totalement reproductible et qu’elle a envahi tous les espaces, j’ai eu envie de créer des projets très contextuels, uniques. Comment proposer une expérience d’être ici et maintenant ?”
“L’auteur est toujours collectif car l’auditeur spectateur l’est aussi.”
“Un spectateur debout est plus actif qu'un spectateur assis, un spectateur en mouvement est plus actif encore, son cerveau n'est pas irrigué de la même façon.”



Rencontre d’auteur avec Michel Risse 

le 17 novembre 2014

de 10 h à 14 h 

à la Villa mais d’Ici d’Aubervilliers



Michel Risse de Décor Sonore nous accueille dans son atelier de la Villa mais d’Ici à Aubervilliers pour nous parler de son parcours, de ses choix ...

Infos pratiques :
La Villa Mais d’Ici, 77 rue des Cités 93300, métro Aubervilliers Pantin 4 chemins
Entrée libre mais nombre de places limitées, inscription obligatoire à bureau.aep@laposte.net







 17 septembre 2012
Marguerite Danguy des Déserts (DDDcie)

 http://margueritedanguydesdeserts.fr/

Au sein de la DDDcie, Marguerite développe sa propre vision du corps humain dans l'espace public, en croisant les disciplines de la marionnette contemporaine, de la danse et de la sculpture. Elle travaille sur sensation d'être hors de son corps, "je suis hors de moi", et se consacre à rendre ce corps extatique vivant et sociable.








13 janvier 2012
Fabrice Guillot
http://www.retouramont.com/






4 octobre 2011
Ipotam Mécamusique / Jacques Rémus



Jacques_Remus_AEP_Oct_2012 par jacquesremus


J'aime voir les formes mécaniques en mouvement et leur résonnance dans l'air et dans la lumière. Et je reste toujours fasciné quand je contemple les vibrations des énergies  qui se déploient et se transforment.
J'aime la beauté d'un son seul dans l'espace et les vibrations de la matière qui résonnent dans l'air. J'aime être porté par une musique qui, à  l'instant même me parle avec un sens à nul autre pareil. La musique est dans ma tête et en même temps je la vois bouger devant moi et tout autour de moi.
J'aime voir la symphonie des éléments vibrants coordonnés par la pensée, l'écriture ou le jeu. J'aime les forces mouvantes qui deviennent musique par le jeu des hommes combiné à celui des éléments de la nature. 


Sons de bois, de verre, de gorge ou de pieds, dispersés dans l'espace, venant du ciel, de la terre ou de tous les horizons. Respirations lointaines dues aux frottements de masses métalliques dans de grands tambours rotatifs. Respirations de toute proximité dues aux bruissements de larges feuilles dans le vent de ventilateurs aux régimes changeants. Résonnances cristallines de formes métalliques percutées par les mouvements de longs marteaux et sur lesquelles se superposent le son d'une flute entretenue par un piston qui s'abaisse lentement. Tonnerre des déferlements d'énergies accumulées sous haute pression qui se répandent rythmiquement sur une multitude de percussions. Base « ostinante » de cordes alternativement excitées par des fouets électriques. Nappes de sons de carillons électromécaniques venant des quatre points cardinaux et hurlements harmonisés de moteurs à explosions tournants à haut régime scandés par le balancement des orgues animés par les explosions des mêmes moteurs. Rumeur tour à tour à peine audible ou assourdissante des harmonies vibrantes des orgues thermiques dans lesquels on pénètre comme dans une forêt.
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Alors bien sûr, ce n'est pas toujours adapté à une salle de spectacle, à une jauge pour laquelle il faut mouliner les sons pour les faire passer dans la sono sous forme de bouillie où je perd tous mes petits. Sans parler pour le public de la perte de la proximité des machines et de la perte de la liberté de s'y promener. C'est une des raisons pour lesquelles je vais aussi dehors, dans l'espace public ce qui rajoute aux plaisirs précédents celui de trouver des solutions et des scénographies pour adapter mon travail aux lieux tels qu'ils se proposent.


Jacques Rémus
Février 2011



25 janvier 2011
Cie Bouche à Bouche / Marie-Do Fréval

L'association est reçue dans les locaux de la compagnie Bouche à Bouche, dirigée par Marie-Do Fréval qui nous expliquera comment elle écrit pour l'espace public. Quelques extraits en attendant un compte-rendu plus détaillé...
"J’espionne le monde. J’ai besoin d’être près de l’autre. J’aime être en tête à tête avec les gens qui racontent leurs histoires.
Lorsque Le Pen s’est retrouvé au 2e tour des élections, je me suis dit qu’il était nécessaire que je prenne la parole et que je sois au plus près des gens.
J’ai commencé par une forme cabaret. J’en ai écris la forme et j’ai fait appel à des auteurs pour en écrire les textes.
Et puis l’idée du feuilleton est arrivée.
En clin d’œil à la fédé, j’ai mis en place des rues libres tous les 2 mois. Je convoque un public à un rendez-vous. Je n’aime pas être incognito. Je veux que les gens viennent. Ça reste des spectacles. Le rendez-vous est précis et étudié. Le rendez-vous est écrit. Je reste convaincue que ces rendez-vous peuvent changer nos vies. Ces rendez-vous ont lieu par tous les temps. Le fait d’avoir froid… quelque chose surgit de l’inconfort.
Je ne vois pas l’intérêt d’exploiter un spectacle sur un nombre important de dates. J’ai toujours un autre spectacle en tête. Pour moi j’ai envie de « dire » là tout de suite. L’écriture c’est ce que je vais écrire demain et les spectacles joués, ce n’est pas important puisque c’est du passé.


Je ne sais pas faire sans le texte.
Je crée aussi des images mais je vois, je parle.
On a besoin de mots. De plus en plus d’ailleurs.
J’ai beaucoup écrit à partir d’interviews. Dans notre boutique, beaucoup de gens viennent nous voir. Ils déposent des choses dans notre boutique. On cherche à comprendre notre déséquilibre en tant qu’artiste, l’artiste est très proche de ceux qui sont « au bord ». Ces gens là viennent nous voir à la boutique parce qu’ils savent. On redonne toujours le matériel à l’autre.
Pour un travail sur le mariage, j’ai interrogé des femmes qui m’ont raconté le jour de leur mariage.
Je suis reliée aux gens et au territoire.
Il faut être dans une rapidité au monde.
Je fais avec la peur de ne pas savoir faire. Je peux écrire très tard, 15 jours à 3 jours avant  rueS libreS.
C’est comme un puzzle qui se met en place. Je travaille avec des fragments. J’ai des valeurs textuelles que je confronte au plateau. Puis je réécris, mais c’est lié au vivant. J’adore écrire avec des gens qui s’agitent autour. L’écriture doit travailler et passer par l’oral. Par le corps aussi.


L’histoire entre nous n’est jamais terminée. On doit se revoir. Et ce qui se tisse, c’est l’histoire essentielle, celle qui m’intéresse.
On peut m’accuser de « voler » la parole des gens mais la parole appartient à la rencontre. Ces personnes n’auraient peut-être jamais dit ce qu’elles ont dit sans ma rencontre. Si la parole est confiée à l’artiste c’est bien pour quelque chose.
On est tiré en arrière par le fait de vouloir tout garder. Pourquoi veut-on tout garder ?"



Décembre 2010

Le théâtre de l’unité ? Un théâtre qui rue ! 

http://www.theatredelunite.com/

Deux des trois têtes pensantes du théâtre de l'unité, Jacques Livchine et Hervée de Lafond (la troisième étant Claude Acquart), ont accueilli la deuxième réunion autour de l'écriture dans l'espace public. La traditionnelle question de l'association leur a été posée : écrire dans l'espace public pour le théâtre de l'unité, ça veut dire quoi ? Voici quelques bribes de leur réponse.

Leur volonté ? Mettre en pièce tout ce qui est défini comme théâtre de tradition française, changer le rituel du théâtre, contourner le confort institutionnel en se mettant dans des formes inhabituelles : « Si on ne vient pas pour déranger le public physiquement, c’est pas la peine ».

Le théâtre de l’unité ne veut pas infliger la culture mais la faire partager. Comme les hollandais veulent mordre sur la mer, ils veulent mordre sur une frange de public qui ne va jamais au théâtre.
 
Le théâtre de l’unité tente d’articuler la question du rire et du politique ; le rire qui crée de la distance par rapport à ce qui est ou ce qu’on subit, et qui permet de pouvoir agir dessus ; le rire qui va donc à l’inverse de l’impuissance, de la résignation, de la fatalité, c’est un rire d’émancipation ; un rire de la fraternité inventée, expérimentée à chaque fois. Ils jouent avec le réel et la fiction avec la complicité du public. Ils essaient de faire passer des idées politiques au travers de grands textes et rendre les grands textes accessibles à tous.

 Au théâtre de l’unité, le public est complice de la transformation du réel en farce  :


« Regardez la vie en farce ! ».

Ils cherchent à travailler le décalage du regard (toujours inquiet, toujours soucieux de dire autre chose, autrement) et à proposer des spectacles tous différents les uns des autres. Pour chaque nouveau projet, ils changent au moins un paramètre : la durée ; le public ; l’espace ; la forme… Le théâtre de l’unité ne dit pas qu’il est en création. Il fait des essais. Parfois c’est intéressant parfois pas.

Un mot clé du théâtre de l’unité « serendipity », mot anglais intraduisible qu’on peut expliquer de cette façon : se laisser porter par le hasard, faire confiance au hasard.



5 octobre 2010
Les Souffleurs / Olivier Comte
http://www.les-souffleurs.fr/
 
1ère réunion pour croiser les pratiques et les expériences de l'écriture dans l'espace public et pour élaborer une réflexion commune.

Nous sommes accueillis par Olivier Comte, dans le lieu des Souffleurs à Aubervilliers, pour qu'il nous parle de sa démarche d'écriture et de son rapport à l'espace public.

Quelques traces de ce qu'il a joliment expliqué  :
Olivier Comte ne choisit pas le spectaculaire. Il préfère "une légère modification des indices" : garder en l'état l'espace public mais chercher à bouleverser à l'intérieur les passants. Il préfère ce qui est furtif, le parfum qui se fait sentir encore après, la disparition, l'anonymat voire l'invisibilité. Olivier parle de "tentative de ralentissement du monde". Il a souhaité casser la dictature de l'œil (tout est image) pour passer par une autre porte : l'oreille. Il veut réinjecter de "la parole humaine là où il lui semble nécessaire" en réaction à des événements. La poésie, pour lui, est un médicament. Il travaille sur la tendresse, la stupéfaction et souhaite créer "les conditions du naufrage". Il espère que les passants repartiront tels "des petits théâtre de mots". 

Petit cadeau d'Olivier lors de cette réunion, une phrase de Shakespeare : "Ils ont échoué parce qu'ils n'avaient pas commencé par le rêve."


Carole Prieur